En mémoire de Maria-Victoria Fischer enseignante à La Grande Boissière

Published on May 27, 2026

Nous avons la profonde tristesse d’annoncer le décès de Maria Victoria Fischer, qui a enseigné à Ecolint pendant près de vingt ans. Maria Victoria a rejoint Ecolint en 1980 à La Châtaigneraie avant de poursuivre son parcours à La Grande Boissière en tant que professeure d’espagnol. Elle y a exercé jusqu’à son départ à la retraite en 1996, peu après celui de son mari, Joseph Fischer.

Nous partageons ci-dessous un texte rédigé par son ancien collègue, Luc Hamzavi.

"Parler de Maria Victoria Fischer ou écrire à son propos, c’est, comme le disait Aznavour, évoquer “un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître”. L’École ne comptait que deux campus et le Château montait déjà la garde à l’entrée de La Grande Boissière. 

Le bâtiment méritait alors d’autant plus son nom que c’était la forteresse assiégée dans laquelle résistait le Secondaire francophone avec son directeur, sa secrétaire, ses enseignant·e·s et ses élèves du IB, du Bac français et de la Maturité fédérale, ces derniers n’échappant à la communauté que quatre fois dans la semaine, pour les cours d’arts, de sport, d’anglais (généralement B) et les langues dites modernes (allemand, espagnol et italien). 

Dans ce dernier groupe composé de maîtresses femmes placées, bizarrement, sous l’autorité d’un professeur d’anglais, les élèves se frottant à la langue de Cervantès ne pouvaient pas ne pas croiser le chemin de cette silhouette aux cheveux noirs, au regard noir, vêtue de noir, généralement plus petite qu’eux, mais à l’autorité naturelle sans égale et qui dégageait toute l’énergie que l’on pourrait attendre d’une danseuse de flamenco.

Pour qui a eu la chance de l’avoir comme collègue, les éléments de base du portrait étaient les mêmes, mais enrichis d’autres perspectives. Il y avait d’abord cette voix, un peu grave au débit marqué par son accent éternel. Ensuite, ce regard qui semblait percer toutes vos défenses pour identifier qui vous étiez vraiment. Et puis, surtout, ses passions.

Maria Victoria était une véritable Pasionaria. Il y avait sa passion contre l’injustice, sa passion pour la défense des plus vulnérables, sa passion pour l’honnêteté. Il y avait aussi sa passion pour ses élèves, sa passion pour l’École, sa passion pour l'enseignement. Enfin, et surtout, il y avait sa passion pour son époux, Joseph Fischer, et sa passion pour les deux enfants qu’ils avaient adoptés. Elle a vécu toutes ces passions pleinement et hardiment, pour le meilleur et pour le pire, et elle les a fait vivre à nous qui l’avons connue.

Maria Victoria était unique et la preuve, s’il en est besoin, que ceux qui disent que personne n’est irremplaçable ont dramatiquement tort."