
Celebrating 70 Years of the Greek Theatre
the operations
Introduction en français ci-dessous
In June 1956, Ecolint inaugurated the Greek Theatre, a landmark that would soon become the symbolic heart of the La Grande Boissière campus. Yet this extraordinary achievement had its origins three years earlier, when a bold vision, shared by teachers and students alike, began to take shape.
For generations, the site had provided a natural setting for open-air performances. In 1953, art teacher Robert Stump presented a model for what would become the Greek Theatre, giving form to an ambitious dream.
Over the following three years, more than 700 students and teachers, led by Professor Dalla Giacoma, joined forces to transform that vision into reality. With the support of the State of Geneva, which donated 6,000 truckloads of earth and provided skilled craftsmen, a 2,000-seat amphitheatre gradually emerged from the landscape.
On 30 June 1956, the new theatre was officially inaugurated with performances of Sophocles and Shakespeare, complemented by songs sung by middle school students. The occasion set the tone for what the Greek Theatre would become: one of the most cherished places at La Grande Boissière, a setting for celebrations and ceremonies, but also for quieter moments, lunchtime gatherings, conversations among friends, and pauses beneath the trees between classes.
The 1956 edition of Ecolint magazine was dedicated to Mr P. Dalla Giacoma and to all those who had worked alongside him to bring the Greek Theatre into being. The students' contributions explored the theme Demain (“Tomorrow”), and a selection of these reflections is reproduced below.
Written little more than a decade after the devastation of the Second World War, many of the texts express a profound hope for peace and a better future, even as the shadow of the atomic age loomed large. Pacifism was a deeply held conviction, and there was broad agreement with the words of India’s Prime Minister, Shri Jawaharlal Nehru: « Toute autre considération mise à part, la guerre est une éventualité inconcevable à l’âge atomique. » (“All other considerations aside, war is an inconceivable possibility in the atomic age.” Seventy years later, those aspirations remain as relevant as ever, reminding us of the enduring ideals that have shaped the Ecolint community.
Other contributions, lighter in spirit and full of youthful imagination, ventured to predict the future of the School and of the Greek Theatre itself. While the amphitheatre never became a “private flying-saucer landing ground”, nor was it built from prefabricated materials as some young visionaries predicted, it has endured with quiet dignity. For seven decades, it has borne witness to generations of graduating students, memorable performances and official ceremonies. More recently, it provided the opening setting for the Centenary Alumni World Reunion, bringing together alumni from across the world in celebration of a century of shared history.
Seventy years after its inauguration, the Greek Theatre remains far more than a physical landmark. Built by the hands of students and teachers, it stands as a living testament to the spirit of collaboration and international understanding that has always defined Ecolint. Countless memories have been made on its stone terraces, and generations have gathered there to celebrate milestones both personal and collective. As it enters its eighth decade, the Greek Theatre continues to embody the enduring connection between past, present and future a place where memories are cherished, traditions are renewed, and new stories are waiting to unfold.
SOUVENIRS …
Douze ans d'Ecolint : je me sens vieille ! Douze ans à grogner contre les devoirs, à comploter des blagues, à préparer des décors. Douze ans de taquineries, de soupirs, de gaîté, d'amitié ... Souvenirs …
Le premier jour baignait dans un déluge sale : Manguere trottinait d'une fontaine à une autre, mouchait les nez et exaltait le bonheur de l'écolier.
On se sentait Nouveau. Après quelques printemps consacrés au livret (ah !ce huit fois sept!), à la broderie, au chant (le piano seul avait du coffre) et à de nouveaux copains (sur les bancs, un blondinet épris de cimes et de casquettes maugréait déjà), on passa en « moyennes ».
Le passe-temps de la M.A. était la traversée de la cour pour lancer un regard bienveillant à nos anciens congénères: on se sentait supérieur. La M.B. se montra pleine de découvertes, de visages encore jamais examinés. Le côté prof se résumait à ... un éclaireur qui nous enseignait les nœuds de marins, la technique des Sioux à la chasse, la construction des pilotis et des teepes : Chef grisonnant et alerte, la bonté au creux du sourire. Quant aux « nouveaux », ils présentaient au moins de la diversité: un éclat de rire ultrasensible, un humoriste organisé et une scribe infatigable. La bande agrandie continuait sa route, terrifiée par l'humeur versatîle et l'ironie féroce d'un tyran à pipe et à zéros, qui allait nous talonner jusqu'à la fin, en nous dévoilant son côté bon enfant ( « Je ne veux pas vous faire de la morale ! ! !... » ! ) .
Et la porte du bloc secondaire s'entr'ouvrit. On se sentait grand ... et l'on n'en menait pas large. Pour nous rassurer, s'offrit un être sphérique et tonitruant (il se consacre surtout aux livres) qui rageait aux facéties d'un double mètre (presque), basané (assez), éloquent (très), fraîchement débarqué. La S.B. marqua l'éveil sentimental masculin. Nos compagnons brusquement étirés et aplatis formèrent leur goût devant un chignon lustré, un maquillage abricot et une redingote moulante ( « où est le bloc bleu-pastel ? »). On s'habituait à voir les directeurs pousser plus rapidement que fleurs au soleil et on applaudissait « l'authentique » qui nous étourdissait de souvenirs écolintiens, marocains (bientôt américains), recollait les pots cassés et maintenait bien haut le fanion de l’esprit.
Une nouvelle fournée d'« inexpérimentés » vint renforcer notre contingent : grâce à une rose presque de Chiraz et à un sambateur d'origine, les antipodes se rencontrèrent. Pour accueillir deux têtes noires et frisées, l'une d'une estivante éternelle, l'autre d'un gentleman dépaysé, il y avait un poète à échasses qui citait entre deux formules « Le Pont Mirabeau » et se tordait aux exploits du Père Ubu. De cette heureuse période date aussi l'éclatant début des mondanités ( ! !) ; les résultats sombraient, les mines se tiraient : nous avions découvert les parties ! Et ça dure encore !
Tout à coup, on entendit le mot « matu » : on feignit de l'oublier malgré les discrets rappels d'un mathématicien secret et diplomate, imperturbable et trépidant, cravaté de lépidoptère, et malgré les orages désespérés et unanimes qui éclataient sur nous. Le rythme s'accélère : cours de révision inenarrable ( que pensez-vous de la plage comme pupitre ? ) , Neuchâtel-Fribourg, ou, accompagnés d'une créature sautillante et pétaradante, au nom de déesse grecque, dernière venue pour la gloire de l'école, nous défilâmes tous à nos risques et périls.
S. E., dernier stade, Parents'Day et carte d'adieu : on se sent blasé (on est ému). Comment sommes-nous parvenus au sommet de l'échelle ? Est-ce vrai que nous allons quitter ce monde bien douillet et insouciant ? Après avoir tant pesté contre elle, nous allons regretter la vieille bâtisse grise, juste le temps de lui faire signe de la main.
Marlène ALLEMANN, 18 ans, Suisse
REGARD SUR NOTRE AVENIR
Nous souhaitons qu'à l'avenir, l'homme se rende compte de l'ineptie de certains préjugés, paralysant son progrès. Prenons le cas de l'entente entre les nations ; jadis, la guerre, solution la plus simple, réglait tous les désaccords entre les hommes. Ce moyen d'entente était a la rigueur tolérable au Moyen Âge. Aujourd'hui, nous vivons soi-disant dans une civilisation « moderne» et cependant on se bat toujours. Les bombes H ou Atomiques permettent l'extermination massive au lieu du détail extrêmement lent du Moyen Age. Tandis qu'aujourd'hui un simple geste peut anéantir toute trace de civilisation dans un rayon de X kilomètres. Les expériences occasionnent des reportages exclusifs dont Paris-Match nous donne les meilleurs exemples.
L'injustice est bien représentée à l'heure actuelle. Le prix d'un bombardier, si utile a notre civilisation « moderne » suffirait à soigner tous les lépreux du monde. Pensez qu'un avion en moins dans une base française forcerait le commandant à prendre sa retraite. Je crois que l'on pourrait multiplier les exemples de ce genre. N'oublions pas que la terre comprend quelques hommes travaillant pour le bien de l'humanité. Nous en avons un brillant exemple en la personne de Mme I. Joliot-Curie qui sacrifia sa vie pour le bien de la science.
Pourquoi l'homme est-il la victime de ses inventions ?
Peut-être que si tous les hommes travaillaient avec un peu de bon sens ils seraient non plus éliminés par leurs propres inventions, mais aidés par elles.
J. PLOMB, 16 ans, Suisse.
JANUARY 27, 2006
( From the diary of a teacher)
As I was taking my customary early-morning stroll aroud the park before breakfast, I came to the school's private flying-saucer landing ground which had been a football field some fifty years ago. A trip to the country, (Mars) had been proposed for the following Wednesday and I was wondering if I would have enough pocket-money (pay) to go. I continued on my walk, and came to the remains of what had once been a Greek Theatre. I am told that this edifice was constructed by the toil of hundreds of Ecolinters under the notorious slave-driver, Mr. D. Giacoma. However, it had been partly destroyed in a war between the teachers and students when a bomb had been dropped on it. The war had started because the students wanted to have a 25-hours school week, whereas the teachers wanted 25 ½ hours. The revolt, however, was put down chiefly through the military genius of Mrs Briquet. The story is still told of the time when Mrs Briquet, shouting slogans, rushed into occupied territory and threw a piece of chalk which hit the leader on the head and partly stunned him. "You," she said, "see me afterward !". The boy in question wailed with terror and, going on his knees, begged for mercy. The other students, seeing the downfall of their leader, soon surrendered unconditionally.
Glancing at my watch, I saw that it was nearly time for breakfast,so I went in to a delicious meal consisting of a food pill.
Sumitro ROY, S.A., 12 ans, India
International School
62 Route de Chene
Geneva, Switzerland
Earth
May 29, 10.56
Jakplf's Delirium Products Company
Pkrxzdf, Mars
Dear Sirs:
Please send me one of your famous Delirium Prefabricated Greek Theaters as the one here broke because it was made of concrete blocks and is now in ruins after only 9,000 years.
Please rush, we need it for End-of-the-Year exercices.
Enclosed are two Interplanetary credits to cover the cost of the theater and postage from Mars.
Sincerely,
A. H. Forblorks
Director, International School.
P.S. I am truly satisfied with the new Delirium Prefabricated School House; we can now accommodate 2,000 pupils in a class.
Stephen TOBIAS, 12 years, America.
THE GREEK THEATRE
by M.A. English
Building the Greek Theatre was a good idea and even if it is not finished this term, we will continue to work next year. Since Easter, the steps have been constructed at an amazing rate. We all have worked in the Theatre and many of us have gained badges as result of twenty hours work.
Individual comments :
"More than five thousand lorries have brought stones and soil for the Theatre". Graham Cameron.
"If it had not been for the combined work of students and teachers, the constrution of the Theatre would not be so advanced". Winna Franklin.
"I wonder how many people of different nations have helped in the Theatre ?" Jane Ewing.
"I think that we could not have worked so hard if it had not been for the badges." Christopher Hereward.
"I think we made good friends working on the Greek Theatre." Larry Heinzerling.
"It has helped us to work together." Moustafa Ammar.
"I like working in a team." Betsy Siegel.
Célébration des 70 ans du Théâtre grec
En juin 1956, l’Ecolint inaugurait le Théâtre grec, un lieu emblématique qui allait bientôt devenir le cœur symbolique du campus de La Grande Boissière. Pourtant, cette formidable réalisation avait débuté trois ans plus tôt, lorsqu’une vision audacieuse, partagée tant par les enseignants que par les élèves, avait commencé à prendre forme.
Depuis des générations, ce site offrait un cadre naturel propice aux représentations en plein air. En 1953, Robert Stump, professeur d’arts plastiques, présenta une maquette de ce qui allait devenir le Théâtre grec, donnant ainsi corps à un rêve ambitieux. Au cours des trois années suivantes, plus de 700 élèves et enseignants, sous la houlette du professeur Dalla Giacoma, ont uni leurs forces pour transformer cette vision en réalité. Avec le soutien de l’État de Genève, qui a fait don de 6 000 camions de terre et mis à disposition des artisans qualifiés, un amphithéâtre de 2 000 places a progressivement émergé du paysage.
Le 30 juin 1956, le nouveau théâtre fut officiellement inauguré avec des représentations de Sophocle et de Shakespeare, agrémentées de chants interprétés par des élèves du collège. Cet événement donna le ton de ce que deviendrait le Théâtre grec : l’un des lieux les plus chers à La Grande Boissière, cadre de célébrations et de cérémonies, mais aussi de moments plus calmes, de déjeuners entre amis, de conversations entre camarades et de pauses à l’ombre des arbres entre les cours.
Le numéro de 1956 du magazine de l’Ecolint était dédié à M. P. Dalla Giacoma et à tous ceux qui avaient œuvré à ses côtés pour donner vie au Théâtre grec. Les contributions des élèves exploraient le thème « Demain », et une sélection de ces réflexions est reproduite ci-dessous.
Rédigés un peu plus d’une décennie après les ravages de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux textes expriment un profond espoir de paix et d’un avenir meilleur, alors même que l’ombre de l’ère atomique planait déjà. Le pacifisme était une conviction profondément ancrée, et les propos du Premier ministre indien, Shri Jawaharlal Nehru, faisaient l’unanimité : « Toute autre considération mise à part, la guerre est une éventualité inconcevable à l’âge atomique. » Soixante-dix ans plus tard, ces aspirations restent plus que jamais d’actualité, nous rappelant les idéaux durables qui ont façonné la communauté de l’Écolint.
D’autres contributions, d’un ton plus léger et débordantes d’imagination juvénile, s’aventuraient à prédire l’avenir de l’École et du Théâtre grec lui-même. Si l’amphithéâtre n’est jamais devenu un « terrain d’atterrissage privé pour soucoupes volantes », ni n’a été construit à partir de matériaux préfabriqués comme l’avaient prédit certains jeunes visionnaires, il a perduré avec une dignité tranquille. Pendant sept décennies, il a été le témoin de générations d’élèves diplômés, de spectacles mémorables et de cérémonies officielles. Plus récemment, il a servi de cadre d’ouverture à la Réunion mondiale des alumni pour le centenaire, rassemblant des alumni du monde entier pour célébrer un siècle d’histoire commune.
Soixante-dix ans après son inauguration, le Théâtre grec reste bien plus qu’un simple monument. Construit par les élèves et les enseignants, il est le témoignage vivant de l’esprit de collaboration et de solidarité internationale qui a toujours défini l’Ecolint. D’innombrables souvenirs ont été forgés sur ses terrasses en pierre, et des générations s’y sont rassemblées pour célébrer des étapes importantes, tant personnelles que collectives. Alors qu’il entre dans sa huitième décennie, le Théâtre grec continue d’incarner le lien durable entre le passé, le présent et l’avenir : un lieu où les souvenirs sont chéris, où les traditions se renouvellent et où de nouvelles histoires attendent de se dérouler.
