
Michaël Flaks, Avocat et ancien directeur général de l’Intérieur, État de Genève, LGB 1974
Michaël Flaks
La Grande Boissière, 1974
Avocat et ancien directeur général de l'Interieur, Etat de Genève
Suisse
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L’Ecolint m’a permis la découverte dans ma classe d’individualités magnifiques, de diversités culturelles et de respect mutuel et d’amitiés profondes.
Je préside actuellement la Commission consultative en matière de protection des données, de transparence et d'archives publiques de l’État de Genève et suis aussi honoré de siéger aujourd’hui au sein du Conseil de fondation du Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Ces engagements me permettent de servir encore les valeurs fondamentales humanistes transmises en particulier par l’Ecolint. Licencié en droit de l’Université de Genève et titulaire du brevet d’avocat, j’ai eu la chance de pouvoir m’engager très jeune pour des organisations internationales humanitaires. D’abord en 1975, durant mes études, au Kurdistan et à Chypre pour la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), puis plus tard comme délégué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Rhodésie, puis au Vietnam et au Laos, où de nouvelles guerres déchiraient à nouveau l’ancienne Indochine. Par la suite, j’ai pratiqué comme avocat et juge suppléant au Tribunal de première instance avant d’assumer pendant seize ans la fonction de directeur général de l’Intérieur de l’État de Genève. J’aime aussi écrire, notamment dans le domaine historique.
Mon passage à l’Ecolint, à la Grande Boissière, entre 1972 et 1974, a marqué les plus belles années de ma vie scolaire. Côté français, au « Château », j’avais choisi le cursus du Baccalauréat international, encore en dernière phase expérimentale. Il séduisait par ses options qui permettaient d’approfondir les branches qui nous plaisaient et d’acquérir par ailleurs une solide culture générale, au point où cinq ou six d’entre-nous avions fait le pari insensé de passer en plus de l’IB – et sans préparation particulière – le baccalauréat français en candidat libre : nous l’avons tous obtenu!
L’Ecolint m’a permis la découverte dans ma classe d’individualités magnifiques, de diversités culturelles et de respect mutuel et d’amitiés profondes. Aussi, ce qui était frappant, c’était le sentiment d’égalité et de solidarité qui prévalait entre nous, en dépit de situations sociales, familiales et de provenances très diverses. Nous nous rencontrions bien souvent au Road Runner, en face de l’École. Cet établissement se vantait de nous servir les meilleurs hamburgers de Genève, ou parfois, nous buvions un verre à l’Auberge, après les cours où nous débattions parfois passionnément avec nos professeurs.
Le SUN, le Student United Nations, reste aussi un souvenir marquant. Il se tenait à l’époque dans la prestigieuse Salle du Conseil de la Société des Nations, au Palais des Nations. Elle transpirait l’histoire du 20ème siècle et cette expérience fondatrice a permis de nous familiariser très tôt avec les procédures internationales et les enjeux du monde.
Des professeurs remarquables m’ont guidé, notamment François Aballéa pour l’histoire et le français. Il m’a encouragé à l’audace, celle par exemple de me rendre à Paris aux Archives nationales pour mon mémoire de baccalauréat ou d’écrire à André Malraux, qui m’a répondu. Les personnalités sont beaucoup plus accessibles qu’on ne le pense, même à 17 ans. L’Ecolint m’a permis de développer une pensée critique et libre, le respect d’autrui et une capacité d’adaptation et de résilience, qualités qui m’ont toujours servies dans ma vie professionnelle et personnelle.
Si je devais recommencer, je ne changerais rien, chaque réussite comme chaque erreur m’ont façonné et guidé, faisant de moi la personne que je suis devenu.
conseils avisés aux élèves: Développez votre esprit libre et critique, interrogez et cherchez à comprendre par vous-mêmes. Cultivez toujours votre curiosité en lisant, en découvrant de nouvelles idées et d’autres horizons. Ayez l’audace d’oser et d’agir.
Quel souvenir souhaitez-vous laisser: Notre monde, ébranlé par l’irrationnel et le fanatisme, oublie les leçons de l’histoire et s’expose aux mêmes dérives de violence. Notre responsabilité est de défendre sans relâche la dignité humaine, de lutter contre l’obscurantisme, l’ignorance et la brutalité, et de refuser l’indifférence face à l’injustice. Cela implique de rejeter la guerre comme solution et d’affirmer avec force la primauté de la diplomatie, du dialogue et du multilatéralisme. Dans ce choix réside l’héritage que nous devons transmettre : un humanisme actif et une volonté de bâtir un monde fondé sur la liberté de penser et d’aimer, la solidarité et la conviction que l’avenir se gagne par la raison et non par les armes.

